Dimanche 28 Avril Journée nationale du souvenir de la déportation

Le temps passe les souvenirs s’estompent et les témoins disparaissent … pour rappeler que rien n’est acquis dans ce monde, en termes de liberté et d’humanisme, il est bon de rappeler aux générations dorées, l’origine des “sociétés modernes” et les sacrifices consentis par deux, voire trois générations… quoi de mieux que cet extrait de témoignage qui date de …2018.

Installé dans le salon feutré de la maison familiale à Brognard, Pierre Rolinet remonte alors le temps. Sans se forcer tant les années de déportation sont prégnantes.  “Elles occupent 90 % de mes pensées” , lâche celui qui avoue avoir laissé “là-bas” une part de lui-même. ” À la libération du camp de Dachau par l’armée américaine en avril 1945, je suis parti un an en maison de repos”. Pour, selon les mots des médecins, y être désintoxiqué des images, instants et souffrances vécues. Après, les déportés ont eu besoin de parler, témoigner, verbaliser ces années de camps, sorte de thérapie par l’oralité. Ils ont eu le sentiment qu’on ne les croyait pas. Les gens n’étaient pas prêts à entendre l’horreur. Alors les déportés se sont tus…

Plus de soixante-dix ans se sont effilochés. Désormais “on” sait. Le mal, l’inconcevable, l’indicible perpétré dans les camps de concentration. Les survivants sont désormais rares. Tout au plus sont-ils encore six parmi les 635 déportés dans l’arrondissement de Montbéliard. Déportés dans les camps par représailles, parce qu’ils étaient juifs ou résistants. (Source Est Républicain)

Alors pudiquement, notre époque change les termes, comme pour se dédouaner de ce défaut de mémoire et de reconnaissance, de journée de la déportation, on se donne de l’air en la nommant “Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation”.

Qu’importe! ce Dimanche 28 Avril, ceux qui veulent faire mémoire le feront discrètement, sans s’exprimer,  pour ceux que notre pays n’a pas laissé parler au moment où il le fallait. 

Message pour la journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation dimanche 28 avril 2019

La journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation instaurée par la loi de 1954 est l’occasion d’évoquer la mémoire de tous ceux, femmes, hommes et enfants, envoyés par milliers, pendant la seconde guerre mondiale, dans des camps de concentration ou d’extermination nazis qui ont souillé et durablement meurtri les peuples et les territoires occupés d’Europe.

Nous renouvelons notre hommage au courage dont ont fait preuve les déportés, en particulier ceux qui, face aux souffrances de l’épuisement physique auxquelles ils étaient confrontés et à la menace permanente de la torture et de la mort, n’ont pas renoncé à l’espoir et ont su rester des êtres humains. Ils ont ainsi eu, dans ces difficultés extrêmes, la volonté de poursuivre, dans l’union et la solidarité, la lutte clandestine contre l’idéologie et les objectifs de guerre de l’ennemi.

Les déportés, derniers rescapés de l’horreur indicible de la barbarie nazie, expriment leur légitime inquiétude à l’égard d’une Europe aujourd’hui divisée, traversée et habitée par la résurgence de mouvements nationalistes. L’Europe dont la vocation est de garantir la paix et la prospérité des pays qui la composent doit être celle de la Mémoire de millions d’êtres humains sacrifiés par une idéologie perverse.

Sauvegarder cette Mémoire, où la souffrance se mêle à l’espérance, doit faire prendre conscience, avant qu’il ne soit trop tard, de l’indispensable solidarité entre les peuples épris de liberté, pour l’emporter sur toutes les formes d’obscurantisme, de fanatisme, de racisme, d’antisémitisme, de xénophobie.

Le rappel de l’action des déportés dans les camps de la mort doit aller bien au-delà d’une journée symbolique. Il s’agit, pour les générations futures, de poursuivre avec détermination ce combat contre l’égoïsme et la peur.

C’est ainsi que l’hommage aux déportés prendra tout son sens pour construire un avenir de paix, de fraternité et de respect de la dignité humaine.

Ce message a été rédigé conjointement par :

La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP)

La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD) et les Associations de mémoire des camps nazis

L’Union Nationale des Associations de Déportés, Internés de la Résistance et Familles (UNADIF – FNDIR)

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